GIS Talk - "Identifier les couleurs de la mode au XVIIIe siècle"
Cycle of talks :
"Tisser du lien : femmes à la mode au siècle des Lumières"
In parallel with the exhibition at Musée Cognacq-Jay
« Révéler le féminin : mode et apparences au XVIIIe siècle »
(25 March - 20 September 2026)
Thursday 28 May 2026 (5:30-7:00 PM):
Aurélia Gaillard (Université Bordeaux Montaigne): « Identifier les couleurs de la mode au XVIIIe siècle »
En présentiel - Gratuit, sur inscription.
Cliquez sur ce formulaire en ligne : INSCRIPTION OBLIGATOIRE
A distance - Lien Zoom : https://us02web.zoom.us/j/84902406291?pwd=gOWaI5buP5c6O44t0bNi1Nbn2JT4j9.1
Résumé :
Naissance de la mode et explosion des couleurs, textiles notamment, vont de pair au 18e siècle : favorisée par la nouvelle économie mondialisée et coloniale, et par les perfectionnements de la teinturerie, la mode est aux couleurs et celles-ci sont les indices d’une nouvelle sociabilité et d’un nouveau rapport au corps. Les couleurs des vêtements et des accessoires, le multicolore ou certaines couleurs (le rose, les tons clairs) s’érigent même en emblème d’une société nouvelle, et deviennent pour certains (La Font de Saint-Yenne, Caraccioli) le signe de sa décomposition sociale et morale. Du « couleur de rose » du premier 18e siècle aux années puce du dernier, un lexique nouveau accompagne cet essor : la mode en couleurs est aussi celle des mots de couleurs qui la nomment mais aussi l’inventent, l’imaginent, par le biais d’anecdotes sur l’origine des termes (le prune de Monsieur, le puce, l’opéra brûlé, le « couleur des cheveux de la reine ») ou de fictions merveilleuses qui mettent en scène des fêtes ou même des concours de mode. À travers les images et les textes, parfois combinés comme dans le nouveau medium qu’est le magazine de modes à partir des années 1770-1780, il s’agit d’enquêter sur la nouvelle sociabilité induite par les couleurs à la fois portées et nommées en s’interrogeant en particulier sur la distinction genrée de certaines couleurs : y-a-t-il des couleurs, des nuances, des combinaisons de couleurs spécifiquement féminines ? Que traduisent-elles alors ? Comment la sensation chromatique véhiculée par la mode rend-elle compte d’un nouveau rapport au corps féminin ?
Aurélia Gaillard est Professeur émérite de littérature française du 18e siècle à l’université Bordeaux Montaigne et membre senior honoraire de l’Institut Universitaire de France (IUF). Elle s’intéresse au croisement entre la littérature et les arts, aux contes et fables, à l’œuvre de Diderot et de Montesquieu. Directrice de la revue Féeries (https://journals.openedition.org/feeries/), elle a récemment publié L’invention de la couleur par les Lumières (Paris, Belles-Lettres, 2024) et dirigé, en collaboration avec Catherine Volpilhac-Auger, l’édition de Montesquieu, L’Esprit des lois. Lettres persanes. Textes politiques, fictions (Paris, Bouquins, 2025).
Lieu :
Musée Cognacq-Jay
8, rue Elzévir
75003 PARIS
Salle de conférences
Contact : gis.sociabilites@gmail.com